LES ANCIENS ENFANTS DE TROUPE D'AUTUN

Vive l'Eumeup's Attitude

Ici rien d'officiel, nous cultivons l'impertinence et le respect de nos années de boite.

chat parachutiste

 

Un chat parachutiste.

Cette séance d’initiation parachutiste s’est déroulée à la Boîte en fin du troisième trimestre (1965-66) à l’initiative de futurs parachutistes dont certains ont terminé leurs carrières comme Officiers Supérieurs ou Généraux.

Un de nos camarades dont le surnom était RITTER, était passionné de parachutisme. (Je pourrais vous narrer une autre anecdote de 1964, lors de nos trois jours passés au centre de sélection de Macon où un aspirant médecin avait failli le déclarer inapte TAP, Ritter outré, n’acceptant pas la décision de complaisance de ce jeune toubib avait failli le faire passer par la fenêtre, ce qui à l’époque lui avait valu son aptitude TAP qui lui a bien été utile par la suite. 

Notre Commandant de Compagnie pour qui nous avions la plus haute estime (1) (un mois plus tard nous organisions la première grève de la faim dans un établissement militaire et ce deux ans avant 1968) avait eu l’heureuse idée de lui faire cadeau d’un parachute de taille modeste utilisé pour le largage de matériel dans l’arme du train.

Une idée géniale germa alors dans la tête du camarade Ritter :

Il fallait à tout prix pouvoir expérimenter ce magnifique cadeau offert par notre vénéré commandant de compagnie. 

 

Après de nombreuses années à l’école nous avions nos entrées auprès des lingères, qui outre le fait de nous changer nos effets de paquetages hors circuit administratif, donc réglementaire, avaient eu la gentillesse de réaliser pour notre camarade un petit harnais d’une taille adaptée à un baigneur, comme ce dernier leur avait gentiment laissé croire quant à sa finalité

Une fois ce chef d’œuvre réalisé, car la confection en avait été parfaite, (je pense que plusieurs années plus tard nos camarades du 2°REP auraient rêvé d’une telle prouesse dans des circonstances bien plus périlleuses quand ils se sont retrouvés au ZAIRE avec des parachutes US sans les systèmes d’attache pour partir sauter sur Kolwezi.)

Le choix de notre apprenti parachutiste se porta alors sur une cible complaisante. L’idée de choisir un bizuth de seconde avait même été envisagée mais fermement repoussée par les plus sages conseillers des spécialistes TAP de l’époque (Un parmi nous commandera l’Ecole des troupes aéroportées comme Général des années plus tard)

Après réflexion le choix se porta sur le chat du Commandant en second dont la villa se trouvait juste en face de nos dortoirs de la 1° compagnie.

Plusieurs tests furent alors organisés avec des polochons puis des pierres en présence à chaque fois d’une assistance de plus en plus nombreuse. Bien entendu pendant les heures d’études, donc obligatoires et sans l’accord de nos ploucs (car nous les appelions comme cela à l’époque). Il faut reconnaître que depuis le départ de la corniche les terminales étaient devenus de fait l’aristocratie de l’école et qu’à 4 ou 5 semaines du bac la pression disciplinaire se faisait beaucoup moins sentir.

 

Le GRAND JOUR ARRIVA un soir du mois de juin 1965. 

Pour cette occasion toute la compagnie sans nos cadres était rassemblée devant l’infirmerie dans l’attente de l’exploit.

 

RITTER apparu alors à une des fenêtres de l’ancien sous marin avec le chat harnaché comme à la parade. Puis le moment fatidique arriva, le futur breveté fut envoyé en l’air accompagné d’un hourra retentissant de l’assemblée. Il décrivit une courbe parabolique presque parfaite à la surprise générale car le parachute se mit en torche et le pauvre chat dans un cri de terreur arriva à terre avant d’essayer de s’enfuir avec une ouverture retardée de son parachute.

PS : 5 ans plus tard alors que j’étais Lieutenant à la 1° Compagnie du 27° Bataillon de chasseurs Alpins à ANNECY, quelle fut ma surprise de recevoir comme jeune appelé un chasseur qui était le fils de notre commandant en second de l’époque et qui le soir de cette sinistre farce avait crié toute une partie de la nuit pour retrouver son pauvre chat qui finalement avait réussi à sortir de son harnachement.