LES ANCIENS ENFANTS DE TROUPE D'AUTUN

Vive l'Eumeup's Attitude

Ici rien d'officiel, nous cultivons l'impertinence et le respect de nos années de boite.

juin 2002

 

Distribution des prix en juin 2002.

Par le contre-amiral Daniel Dechavanne

Vous comprendrez aisément que c’est avec beaucoup de fierté et d’émotion que je préside aujourd’hui cette distribution solennelle des prix aux élèves du lycée militaire d’Autun, émotion à double titre :

- Souvenir de mon père le colonel Damas Dechavanne, qui commanda cette belle école de 1959 à 1969, longévité exceptionnelle de 10 ans de commandement qui prouve son attachement à la formation des futurs cadres des armées (700 officiers formés) et aussi à la ville d’Autun et à ses habitants. Il choisit même de poser son sac, comme on dit pour les vieux marins, dans cette ville et de prendre sa retraite près de sa chère école.

- Souvenir personnel également des années d’adolescence passées sur les bancs de l’EMP (l’école militaire préparatoire) de la 5e à la Terminale, avant de préparer « navale » au Prytanée militaire de La Flèche. En cette occasion je voudrai rendre hommage à mes professeurs et tout particulièrement à monsieur Charpentier qui, instituteur d’origine comme mon père ce qui explique leur connivence et leur amitié, fut plusieurs fois mon professeur de mathématiques, domaine dans lequel je donnais plutôt satisfaction ; il n’en était pas de même dans les autres matières, car aux versions latines je préférais l’escrime et, comme mes camarades, les rencontres furtives avec les demoiselles du Saint-Sacrement lors des séances de sport au théâtre romain.

Je laisserai là mes souvenirs en survêtement pour m’adresser maintenant aux élèves.

Une fois n’est pas coutume et je profite de ma qualité de marin pour rappeler notre devise inscrite sur les bâtiments de la marine nationale : HONNEUR-PATRIE, VALEUR et DISCIPLINE.
Ce code des valeurs a sous-tendu l’action de vos grands anciens comme celle de vos anciens. Grands anciens comme mon père qui, Maixentais de la promotion Maginot 1939, a commencé sa carrière dans la lutte contre l’idéologie nazie.

Vos anciens comme votre serviteur, qui fut élève à Autun lors des soubresauts de la décolonisation et dans le contexte d’une lutte avec une autre idéologie totalitaire qui maintenait les peuples de l’Europe de l’Est sous la tutelle soviétique, et qui a servi dans une guerre dite froide comme officier et comme commandant à bord des sous-marins, qu’ils soient d’attaque ou stratégiques lanceurs de missiles nucléaires, guerre de l’ombre et des profondeurs à épier les sous-marins russes et à dissuader l’Union Soviétique de menacer les intérêts vitaux de la France et du monde libre.

Soldats contre la monstruosité nazie. Soldats contre le totalitarisme et les régimes non démocratiques, maintenant soldats de la paix et des missions humanitaires, nous sommes confrontés au terrorisme international et aux fanatismes religieux et ethniques.

Les menaces et les modes d’action évoluent mais on ne peut pas croire à la douceur de l’Histoire.

Pour terminer :

- Je dirai à ceux qui envisagent de poursuivre dans le métier des armes : instruisez-vous pour vaincre, comme il est dit à Saint-Cyr, que ce soit dans un cadre interarmées français, européen ou interallié ;
- Et pour tous je citerai le président Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

Je vous remercie de votre attention.