LES ANCIENS ENFANTS DE TROUPE D'AUTUN

Vive l'Eumeup's Attitude

Ici rien d'officiel, nous cultivons l'impertinence et le respect de nos années de boite.

Etre professeur au lycée militaire d'Autun

 

Le regard d'un prof.

Dans son livre "Enseignant, chercheur, expert" Paru chez l'Harmattan dans la collection "histoire de vie et formation" Louis PORCHER retrace sa carrière et ses premières années dans le secondaire. Après un an à Chaumont, il enseigne la philo à l'EMP d'Autun de 1964 à 1966. On peut ne pas être d'accord avec cette description de nos centres d'intérêt, mais c'est SON regard.

En voici un extrait avec l'autorisation de l'auteur.

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Le commandement militaire de cette "école d'enfants de troupe" avait compris que nous, les soldats-profs, nous effectuerions d'autant mieux notre travail que la hiérarchie nous foutrait la paix. C'est ce qu'ils faisaient et qui se vérifiait. Je ne connais aucun d'entre nous qui eût tiré au flanc, ne serait-ce que pour l'intérêt des élèves eux-mêmes. Alors, leurs centres privilégiés d'intérêt:

La violence. Rien d'étonnant pour des jeunes gens qui se destinent à devenir militaires. Ils cherchaient à comprendre.

La guerre. Ce n'était pas identique à la violence et ils étaient passionnés par les similitudes et différences.

La justice. Normal aussi, compte tenu de la représentation que l'armée se donne traditionnellement d'elle-même.

La mort. Comme tous les gens de cet âge alors, aurais-je tendance à dire, mais le phénomène était encore plus fort chez eux, selon la formule célèbre "la mort est leur métier"

La sexualité. Je m'y attendais évidemment. Tous ces gaillards entre quatorze et dix -huit ans, enfermés entre eux, toute la journée, avec deux heures de sortie hebdomadaire seulement, l'absence de filles les travaillait profondément. j'avais vite compris qu'il y avait des hommes sous les uniformes.

L'éthique. Là encore, comme pour la justice, l'image que l'armée garde et donne d'elle-même, appelle cet intérêt.

Plus curieux, sans doute, certains de ces élèves m'ont manifesté, après coup, leur souvenir chaleureux, contrairement à ce qui s'est passé à Chaumont. J'entretiens, quarante ans après, encore une correspondance avec plusieurs d'entre eux....."